Aurélien Dhaussy ← Travaux

Étude de cas · Présentation d'équipe

Un plateau à rejouer quatre jours plus tard

L'effectif des Diables Rouges ne se réunit pas devant une caméra comme il se réunit sur la glace. Il fallait filmer en deux groupes et rapporter deux séries d'images que rien ne distingue, parce qu'elles allaient se suivre dans une même grille.

Image de la vidéo de présentation : un joueur des Diables Rouges en maillot rouge sur fond noir, avec son numéro en grand, son nom et une barre de sélection des 23 joueurs en bas de l'écran.
Le résultat à l'écran. Derrière : une seule source de lumière, un mur laissé loin derrière le joueur, et un marquage au sol.
23joueurs
4jours entre les 2 groupes
3usages, un seul tournage
1plateau rejoué à l'identique

Deux groupes, quatre jours d'écart

Réunir vingt-trois joueurs au même endroit à la même heure n'est pas ce qu'on demande à un club en pleine préparation de saison. On filme en deux fois, et c'est la règle du jeu plutôt qu'un accident.

Le travail se déplace alors du tournage vers la mémoire du tournage : il faut pouvoir remonter très exactement le même plateau quatre jours plus tard.

Pourquoi la régularité décidait de tout

Chaque saison, les Diables Rouges présentent leur effectif à leurs partenaires et à leur public. Le rendez-vous revient tous les ans, et le parti pris visuel se renouvelle à chaque fois. Pour 2026-27, la direction retenue était celle des écrans de sélection de joueur des jeux de hockey : fond sombre, liseré froid sur la silhouette, numéro en grand, et une interface qui circule d'un joueur à l'autre.

Dans ce format, les joueurs ne défilent pas les uns après les autres, ils cohabitent dans une même grille. Le moindre écart de lumière ou de cadrage entre les deux groupes se verrait tout de suite.

Une image spectaculaire qui change entre deux jours de tournage ne vaut rien. Une image propre et répétable vaut tout.

Chercher la lumière qui ne bouge pas

La première pièce envisagée avait une large fenêtre, et c'est précisément ce qui l'a écartée. Une fenêtre donne une lumière qui change d'heure en heure, et davantage encore d'un jour à l'autre. Le plateau s'est donc installé dans un couloir intérieur, sans ouverture, où rien ne varie d'une séance à l'autre.

Le fond vert, envisagé en amont, a été écarté par la même logique. Le concept demandait du noir : autant l'obtenir directement à la caméra plutôt que de le fabriquer ensuite. Ce noir est venu de la distance, la source près du joueur et le mur laissé loin derrière, sans aucune lumière dirigée vers le fond. Vingt-trois détourages évités, et aucun débord de vert sur des maillots rouges.

Un gardien des Diables Rouges, numéro 33, cadré en plan américain sur fond noir.
Un défenseur des Diables Rouges, numéro 11, cadré exactement de la même façon.
Même cadre, même lumière, même position d'un joueur à l'autre. C'est ce que le marquage au sol achète.

Tout noter avant le premier joueur

Le temps le plus utile de la journée a été dépensé avant la première prise : cotes au sol marquées au gaffer, puissances relevées, réglages caméra consignés. Quatre jours plus tard, le plateau s'est remonté à partir de ces notes, et les deux groupes se suivent aujourd'hui dans la grille sans que rien ne les sépare.

La séance n'a pas servi à une vidéo mais à trois usages, pensés ensemble dès le départ pour ne jamais avoir à mobiliser les joueurs une seconde fois.

Ce qui est sorti de la séance

  • La vidéo de présentation complète, diffusée en soirée partenaires puis en ligne.
  • Un clip court par joueur, muet, lu en patinoire à l'annonce des compositions à chaque match, pendant que le speaker commente en direct.
  • Les célébrations de chaque joueur, déclinées pour les écrans de la patinoire et en vertical pour les réseaux.
Clip de célébration : un gardien lève sa mitaine, avec son numéro en néon rouge à gauche et le mot ARRÊT à droite.
Les célébrations viennent d'une prise supplémentaire, où chaque joueur fait l'animation de son choix. Même plateau, même séance, un usage de plus pour toute la saison.

Ce que ça dit de ma façon de travailler

Un tournage en deux fois se joue moins sur la beauté d'une lumière que sur la capacité à la retrouver. C'est une affaire de méthode, et c'est ce qui permet de promettre un rendu homogène avant même d'avoir commencé.

C'est aussi pour ça que je préfère tenir le tournage et le montage. Les décisions prises sur le plateau, ici le fond noir obtenu à la caméra, l'ont été en sachant exactement ce qu'elles feraient gagner plus tard.

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